Infos Dupays
Information · Analyse · Débat
News Santé Écologie Économie Sport Caricature Vidéo
⌕ Recherche

Économie

Emploi, entreprises, pouvoir d’achat et décisions économiques expliqués sans jargon.

Les déchets nucléaires font maintenant de l'énergie.

Détails
Publication : 19 Septembre 2026

LE GREEN PITCH. Frédéric Varaine et sa start-up Otrera ressuscitent, dans de petits réacteurs modulaires, la technologie des neutrons rapides refroidis au sodium. Elle permet d'utiliser des déchets radioactifs comme combustibles.

Sources : Les Échos

Grâce à ses réacteurs de type RNR-Na, Otrera propose de « fermer un peu plus le cycle des déchets du nucléaire ». Ceux-ci ont également l'avantage de permettre de valoriser la chaleur dégagée, en plus de la production d'éléctricité.

L'entrepreneur

« Je suis un pur produit du CEA. J'ai travaillé, dans le cadre des projets Phénix, Superphénix et Astrid, sur les réacteurs de quatrième génération à neutrons rapides refroidis au sodium (RNR-Na). J'étais à la tête de la mission Astrid lorsqu'elle a été abandonnée, en 2019. Une décision politique douloureuse, car la France était alors à la pointe de cette technologie - avec laquelle a été construit le tout premier réacteur nucléaire électrogène, avant que l'industrie ne se tourne vers les réacteurs à eau pressurisée (REP), plus faciles à déployer à grande échelle.

Après le discours de Belfort d'Emmanuel Macron, le 10 février 2022, quand il apparaissait clair que la France allait relancer son industrie nucléaire, je me suis dit que les grands donneurs d'ordre allaient être occupés sur les réacteurs de troisième génération et qu'il était possible de relancer la technologie à neutrons rapides. »

Le défi

« La technologie RNR-Na présente d'énormes avantages : en utilisant du sodium plutôt que de l'eau pour refroidir le combustible, les neutrons ne sont pas ralentis et leur capacité à fissionner toutes les molécules qui passent à portée est considérablement augmentée. De ce fait, il est possible d'utiliser comme combustible 96 % à 97 % des déchets radioactifs produits par les centrales, dont le plutonium. Cela permet de fermer ainsi un peu plus le cycle des déchets du nucléaire.

Mais cette technologie était très coûteuse et la forte réactivité du sodium à l'air et à l'eau posait des problèmes de sûreté. Afin de trouver des solutions à ces défis, j'ai décidé de créer une start-up, et je me suis rapproché pour cela de Jean-Eric Lucas, un entrepreneur de talent, dont j'avais connu le père au CEA. Nous avons fondé ensemble l'entreprise Otrera en 2024. L'idée était d'abord de garder tout ce qui avait fonctionné dans le projet Astrid : les matériaux, le type de gainage ou encore le comportement du combustible.

La solution

« Nous avons ensuite fait le choix de concevoir des petits réacteurs compacts, en réinventant complètement la cuve avec une quinzaine de brevets. En diminuant la taille des composants par trois ou cinq, nous divisons les coûts par deux ! Nous avons aussi mis au point des échangeurs sodium-gaz pour enlever le risque de réaction face à l'air ou l'eau. Enfin, le gaz nous permet de valoriser la chaleur produite par les réacteurs pour l'envoyer dans les réseaux, en plus de la production d'électricité.

Nous produirons nous-mêmes nos composants, afin d'éviter les problèmes de qualité et de maîtriser la chaîne de valeur. La première tranche de notre usine devrait ainsi être inaugurée en 2029, non loin de Cherbourg. Nous avons également déposé cet été un dossier d'options de sûreté auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, afin de construire un premier réacteur de 100 MWe (mégawatts électriques) d'ici à 2032 - sachant que notre produit de base sera plutôt une unité de 220 MWe.

Nous pourrons fournir ainsi à moindre coût - entre 60 et 80 euros le MW - de la chaleur et de l'électricité décarbonée à des économies encore fortement dépendantes des combustibles fossiles, tout en alimentant vertueusement des infrastructures très gourmandes en énergie, comme les data centers. »

Entreprendre et produire autrement

Détails
Publication : 29 Août 2026

Rencontres avec les acteurs économiques de toutes les régions.

Des entrepreneurs, artisans et industriels transforment leurs méthodes de production pour répondre aux contraintes économiques et environnementales.

Des expériences concrètes

Leurs choix seront racontés à partir du travail réel : investissements, compétences, difficultés et résultats.

Ces portraits permettront de mieux comprendre les mutations économiques dans toutes les régions.

Comprendre les décisions économiques

Détails
Publication : 29 Août 2026

Des clés de lecture pour mesurer leur effet dans la vie réelle.

Une décision économique produit rarement les mêmes effets pour tous. Il faut en étudier le calendrier, les bénéficiaires et les coûts.

Suivre les conséquences

Chaque analyse présentera les objectifs annoncés, les mécanismes retenus et les premiers résultats disponibles.

Notre rédaction donnera la priorité aux faits vérifiables et aux explications accessibles.

Les chiffres à retenir et ce qu’ils changent

Détails
Publication : 29 Août 2026

Emploi, entreprises et pouvoir d’achat décryptés sans jargon.

Inflation, emploi, croissance ou dette influencent le débat public, mais leurs effets ne se lisent pas dans un chiffre isolé.

Relier les données au quotidien

Infos Dupays expliquera les indicateurs, leur évolution et leurs conséquences possibles pour les ménages, les salariés et les entreprises.

Des comparaisons simples aideront à distinguer tendance de fond et variation ponctuelle.